Vol. 12 No. 1 (2010): Centre et périphérie, Centro e periferia, Centro y periféria

Le présent numéro de Verbum propose à ses lecteurs un questionnement sur la problématique du centre et de la périphérie à travers les images (photographie), les genres (philosophie et littérature, monologue infini, enfant et littérature), les pays (voyage), les époques (Moyen Age, Lumières, romantisme) et les langues (espagnol, italien, français).
   Puisque tout discours sur le monde s'articule autour de cette opposition, les questions sur l'espace, sur le dehors et le dedans, sur le centre et la périphérie tendent à envahir le champ de la conscience commune, ainsi dédramatisant l'universelle temporalité : tout vivant a quelque part son espace que le temps traverse. L'espace quotidiennement vécu est toujours réversible, le temps ne l'est pas, donc il inquiète. Il n'existe d'espace réel que celui qu'on parcourt. L'étendue au sein de laquelle l'homme se situe devient dense, vide ou invite à l'action, au voyage. Mais au-delà de l'espace tout s'ouvre sur l'infini.
   C'est autour de cet espace-là, à la fois centre et périphérie, que fonctionnent l'imagination humaine et la fonction fantasmatique de la langue. Elles donnent forme à l'élévation, à l'abaissement, à la surface, à la profondeur, à la répétition et au retour. Ces images de l'espace deviennent les bases des mythes collectifs et personnels de l'identité. L'immensité de la plaine, des montagnes et de l'Océan évoque les mêmes images : la figure de l'homme au centre du monde.
   L'existence de l'homme qui veut sortir de l'enfermement de son être tend toujours vers l'extérieur, mais on ne sait pas si l'on court vers le centre ou l'on s'évade. L'orientation de l'existence implique alors un centre dont le point de départ est le regard de l'homme. Le centre n'est pourtant pas un point, il est un lieu plus ou moins étendu, par rapport auquel se définissent périphérie et décentrement.

Anikó Ádám

Published: 2010-06-01