Vol. 10 No. 2 (2008): Ile, îlot, presque-île

L’île est un espace entouré d’eau. L’objet géographique ainsi défini semble simple et d’une grande évidence. La réalité est différente, comme en témoigne le nombre de définitions proposées par les chercheurs dans les différents champs scientifiques.
   Tout le monde s’accorde à reconnaître une spécificité géographique aux îles, spécificité liée à la discontinuité géographique entre terre et mer. Pourtant, les manifestations engendrées par cette situation géographique, ne sont pas perçues de la même manière d’après les auteurs et les disciplines. On constate la grande diversité des îles entre elles à l’échelle de la planète, mais également à l’échelle d’un pays ou, au niveau mythologique et symbolique, dans les arts et dans la littérature.
   Notre approche ne vise pas à un classement typologique des îles sur des bases spatiales. Les études de ce numéro spécial proposent plutôt un aperçu chronologique des réflexions des écrivains et des poètes qui se définissent et qui sont définis souvent comme isolés. Leurs îles sont les synonymes du rêve et de la liberté, des archipels entourés par lamer qui exercent une fascination dans leur imaginaire. L’image de l’île répond à leur besoin d’isolement, de beauté et de tranquillité. C’est le symbole d’une vie renouvelée. La terre, perdue au milieu de la mer, évoque l’idée de l’île heureuse, du paradis perdu, mais également la conception de l’île des enfers, représentée par une partie sauvage, inconnue et redoutable.
   Les études linguistiques abordent les îlots linguistiques conçus généralement comme une frontière entre deux territoires de langue différente ou comme isolation d’une forme particulière de discours à l’intérieur du même texte. Dans d’autres cas, nous cherchons à savoir à quel point la notion de l’îlot permet d’expliquer, entre autres, l’emploi du passé simple isolé et l’effet isolant du passé composé dans la langue française.
   Cette année, notre revue fête son 10e anniversaire. A cette occasion, les rédacteurs offrent aux lecteurs ces articles, et leur proposent de les lire comme autant d’îlots flottant sur la mer des études romanes.

Anikó Ádám

Published: 2008-12-01